La Global Water Initiative (GWI) était un programme de recherche-action et de plaidoyer qui a pris place de 2008 à 2017. Le projet est maintenant clos. Ce site n'est plus mis à jour, mais l’ensemble de ses ressources restent accessibles jusqu'au 1er octobre 2020, date à laquelle il sera également fermé. Après cette date, des informations sur le projet et les principales publications de GWI resteront disponibles sur le site internet de l'IIED et dans sa section Publications.

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Agriculteurs et gestionnaires des périmètres irrigués «brisent les tabous»

Portrait de Gifty Narh
Gifty Narh

Le conseil agricole dans les périmètres hydro-agricoles en Afrique de l’Ouest ne répond pas aux besoins des exploitants familiaux. Une solution innovante? Des plans d’action conçus en concertation par les producteurs et les agences de gestion.

Conseiller agricole dans le périmètre irrigué de Sélingué au Mali

Conseiller agricole dans le périmètre irrigué de Sélingué au Mali. Photo : Mike Goldwater/GWI (2015).

La sécurité alimentaire est l’un des enjeux majeurs au cœur des politiques de développement en Afrique de l’Ouest. Les pays ont mesuré l’importance de maîtriser l’eau pour accroître et diversifier la production agricole et investissent d’importantes ressources dans la construction de barrages hydroagricoles. Toutefois, dans bien des cas, le potentiel de ces infrastructures est faiblement valorisé et les moyens de vie des exploitants familiaux ne sont pas garantis.

La Global Water Initiative (GWI) en Afrique de l’Ouest a engagé, depuis 2012, un processus de recherche-action sur trois périmètres irrigués, Bagré au Burkina Faso, Niandouba / Confluent au Sénégal et Sélingué au Mali. L’objectif de ce processus est de co-construire avec les parties prenantes, des stratégies pour que les systèmes d'irrigation mis en place soient utilisés de manière efficace et équitable et permettent ainsi aux ménages concernés d’améliorer leur sécurité alimentaire et leur résilience au changement climatique.

Établir un conseil agricole adapté aux besoins des agriculteurs familiaux a été identifié par toutes les parties prenantes comme étant la porte d’entrée pour traiter cette problématique – le terme de conseil englobant ici les notions institutionnelles, de gouvernance, de chaîne de valeur, etc.

Plans d’action participatifs pour améliorer le conseil agricole

Après avoir mené des études détaillées sur l’état actuel du conseil agricole à Bagré, Niandouba / Confluent, et Sélingué, la GWI a facilité un processus de planification participative pour établir des plans d’action d’amélioration des services de conseil.

Ces plans d’actions ont été élaborés selon une approche participative, inclusive et itérative. Ils  émanent d’un consensus entre les agences de gestion, les organisations paysannes et d’autres acteurs intervenant sur les barrages pour soutenir les producteurs (recherche, ONG, etc.). Ce processus de planification a été conduit par un groupe de travail restreint et les résultats ont été consolidés dans un espace multi-acteurs élargi. Les plans sont ainsi des documents consensuels, susceptibles d’évoluer selon les contraintes et opportunités du contexte, qui serviront de guide aux agences de gestion et aux organisations paysannes pour l’amélioration des services de conseils aux producteurs à l’ avenir.

Des ateliers nationaux ont été organisés à Dakar, Ouagadougou et Bamako, en juin 2015 pour partager les résultats des analyses et les plans d’action avec les autorités nationales, les partenaires techniques et financiers et les leaders d’organisations paysannes, afin de susciter leur intérêt à soutenir la mise en œuvre des actions proposées.

Ces ateliers ont permis de riches échanges et réflexions autour des résultats de la recherche-action. Les participants ont apprécié le caractère inclusif du processus et l’originalité de la démarche d’élaboration du plan d’action au regard des approches et outils utilisés. Ils estiment en effet que le  dialogue direct entre les agences de gestion et les organisations paysannes a contribué à «  briser les tabous » entre ces deux acteurs clés de la gestion des barrages et à construire les bases d’une alliance forte autour d’une vision commune de l’amélioration de la qualité du conseil sur les barrages.

Regard vers l’avenir

Des réflexions menées au cours de ces ateliers se dégagent trois conclusions majeures qui devront guider les autorités publiques et partenaires techniques et financiers à l’avenir :

  1. Le conseil agricole est essentiel pour la valorisation des aménagements hydroagricoles. Il est indispensable d’accompagner la mise en œuvre des plans d’action sur les sites pilotes afin de construire des réponses concrètes sur les caractéristiques d’un dispositif de conseil orienté vers les besoins des producteurs et qui assure l’accès à des services adaptés aux différents types d’exploitations présents sur les périmètres. La valeur de ces plans dépendra de leur mise en œuvre.
  2. L’approche de concertation inclusive et multi-acteurs, a permis d’instaurer une nouvelle confiance entre agences de gestion et organisations. Au-delà des intérêts spécifiques parfois divergents, ils sont désormais alliés pour l’amélioration des services de conseils aux producteurs familiaux, en partenariat avec les autres acteurs (structures privées de conseils, services techniques…). Il importe toutefois de définir des mécanismes pérennes pertinents qui assurent le dialogue entre les parties prenantes autour de l’enjeu du conseil agricole.
  3. Renforcer les capacités des OP est une dimension indispensable pour l’amélioration des services de conseils. Les OP doivent en effet être outillées pour pouvoir structurer la demande de conseil et assurer le suivi de la qualité des dispositifs de conseil aux producteurs.

Pour en savoir plus: lire la note politique de GWI 'Vers un conseil agricole qui répond aux besoins des exploitants familiaux'