La Global Water Initiative (GWI) était un programme de recherche-action et de plaidoyer qui a pris place de 2008 à 2017. Le projet est maintenant clos. Ce site n'est plus mis à jour, mais l’ensemble de ses ressources restent accessibles jusqu'au 1er octobre 2020, date à laquelle il sera également fermé. Après cette date, des informations sur le projet et les principales publications de GWI resteront disponibles sur le site internet de l'IIED et dans sa section Publications.

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Des investissements de qualité

Nos travaux en Afrique de l'Ouest se penchent sur la question de la rentabilité économique des infrastructures d'irrigation à grande échelle (qu'elles soient gérées par l'État ou par des agrobusiness). Nous cherchons à déterminer si ces systèmes sont économiquement viables, s'ils contribuent à la sécurité alimentaire nationale et des ménages face aux changements climatiques, et quel impact ils ont sur les deniers publics.

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Les grands barrages et les périmètres d'irrigation publics contribuent-ils à la sécurisation des moyens de subsistance ?

Les périmètres d'irrigation à grande échelle sont onéreux et les coûts de systèmes à haute technicité peuvent se révéler considérables. Les analyses économiques suggèrent que le coût moyen est de l'ordre de 8 000 dollars US par hectare et pourrait grimper à 20 000 dollars US par hectare, mais la question de savoir si ces investissements donnent un rendement économique viable reste souvent sans réponse. Nombre d'études économiques actuellement consultables sont réalisées au niveau régional et ne renferment pas les précisions nécessaires pour éclairer véritablement une prise de décision au niveau national.

Malgré ce manque d'information, et en dépit des évaluations des années 1970 et 1980 qui suggèrent des résultats mitigés en termes de rendements économiques, les gouvernements ouest-africains continuent d'investir des milliards de dollars dans des périmètres d'irrigation d'envergure. La Déclaration de Dakar signée par les six pays sahéliens que sont le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Sénégal et le Tchad en octobre 2013, plaide pour:

« ...augment[er] sensiblement les investissements en matière d'hydraulique agricole pour passer de 400 000 hectares aujourd'hui à 1 000 000 hectares d'ici 2020, pour un coût total estimé à plus de sept milliards de dollars US ».

Afin d'éclairer les débats nationaux et régionaux, et la prise de décision autour des impacts sur les moyens de subsistance et la rentabilité économique de la production rizicole irriguée associée aux barrages, la GWI en Afrique de l'Ouest a initié des évaluations économiques des barrages de Sélingué au Mali, Niandouba et Confluent au Sénégal, et Bagré au Burkina Faso.

Vous trouverez plus d'information à propos de nos travaux sur ces grands barrages individuels et les zones irriguées associées, sur les pages relatives aux différents pays: Où nous travaillons.

Combler le fossé entre l'agrobusiness et les exploitants familiaux

Nombre de bailleurs et de gouvernements ont soutenu d'importants investissements sur les terres d'Afrique par des entreprises agricoles et affirment que c'est là la meilleure façon d'obtenir les niveaux de productivité et les économies d'échelle nécessaires à une production alimentaire rentable.

La GWI ne cherche pas à choisir entre l'agrobusiness et les exploitants familiaux mais suppose plutôt que les deux schémas sont bel et bien requis. En effet, il est important de trouver un moyen de les faire travailler ensemble pour qu'ils tirent des enseignements mutuels dans des systèmes d'irrigation partagés et bénéfiques pour tous.

Nos travaux entendent contribuer à une amélioration des approches et des conditions qui régissent les investissements des agrobusiness dans l’irrigation et assurer un suivi de leur impact. Par exemple, la GWI en Afrique de l'Ouest collabore avec le gouvernement du Niger dans l'élaboration d’un processus de négociation d'investissements dans le cadre du nouveau « pôle de croissance » agricole de la Banque mondiale planifié autour du barrage de Kandadji.

Afin de garantir des investissements de « qualité », il est nécessaire de tenir compte des considérations suivantes:

  • Les personnes affectées par l'investissement doivent être impérativement placées au cœur du processus de prise de décision.
  • Les décisions doivent être prises d'une manière qui préserve l'équilibre entre les considérations de nature sociale, économique et environnementale.