La Global Water Initiative (GWI) était un programme de recherche-action et de plaidoyer qui a pris place de 2008 à 2017. Le projet est maintenant clos. Ce site n'est plus mis à jour, mais l’ensemble de ses ressources restent accessibles jusqu'au 1er octobre 2020, date à laquelle il sera également fermé. Après cette date, des informations sur le projet et les principales publications de GWI resteront disponibles sur le site internet de l'IIED et dans sa section Publications.

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La CEDEAO encourage les États à tirer les leçons du bilan économique des grands barrages en Afrique de l'Ouest

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Les grands barrages d’Afrique de l'Ouest seront examinés à la loupe ce 25 et 26 mars à Ouagadougou au Burkina Faso, lorsque les représentants et les experts économiques des 15 États de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) se réuniront pour mettre en commun leurs expériences et les conclusions qu'ils tirent des évaluations économiques de barrages existants.

Femmes marchant le long du barrage de Sélingué au Mali, juin 2014. Photo: GWI Afrique de l'Ouest/Lucile Robinson

Femmes marchant le long du barrage de Sélingué au Mali, juin 2014. Photo: GWI Afrique de l'Ouest/Lucile Robinson

Les représentants de la société civile, y compris des associations paysannes, joueront aussi un rôle actif dans les discussions pour veiller à ce que les expériences des populations rurales qui vivent et travaillent à proximité des barrages soient prises en compte.

Principalement financés par les contribuables, les grands barrages coûtent des centaines de millions de dollars ; pourtant leurs impacts et leur valeur économique sont rarement évalués, en partie du fait de l'ampleur de la tâche et des complexités liées à l'exécution de ce genre de mission. De ce fait, la question de savoir si les grands barrages ont véritablement atteint leurs objectifs économiques et qui en a tiré le plus de bénéfices reste trop souvent sans réponse.

Mise en œuvre des lignes directrices de la CEDEAO pour le développement d’infrastructures hydrauliques en Afrique de l'Ouest

En avril 2014, les États membres de la CEDEAO ont validé un projet de Directive pour le développement des grandes infrastructures hydrauliques dans la région, Directive qui s’imposerait aux pays une fois adoptée. Les lignes directrices pour le développement d’infrastructures hydrauliques en Afrique de l'Ouest [pdf] stipulent que les grands barrages devraient être rigoureusement évalués au moins une fois tous les dix ans. De telles évaluations devraient mesurer l'impact économique, social et environnemental des grands barrages mais aussi éclairer les décisions relatives aux investissements à venir et à l'élaboration de politiques dans ce domaine.

Lorsque des gouvernements décident d'investir des centaines de millions de dollars dans un grand barrage et un périmètre irrigué, ils le font sur la base d'analyses économiques détaillées et des bénéfices attendus pour le développement. À une époque où il y a toujours plus de barrages en construction, il est important de se demander si les hypothèses économiques qui sous-tendent ces décisions importantes sont vérifiées et quelles en sont les conséquences.

L'investissement dans des grands barrages à buts multiples a longtemps été au cœur des politiques nationales de développement en Afrique de l'Ouest. Les gouvernements et les bailleurs de fonds y voient en effet une production d'énergie durable d’un point de vue environnemental, l’amélioration de la sécurité alimentaire nationale et la régulation des débits face à des conditions climatiques imprévisibles.

Différents rendements économiques entre les composantes agricoles et hydroélectriques

Des recherches récentes menées par la GWI en Afrique de l'Ouest sur le barrage de Bagré au Burkina Faso et sur les barrages de Niandouba et Confluent dans la vallée de l'Anambé au Sénégal démontrent que le rendement économique tiré de la composante agricole des barrages a été nettement inférieur à ce que l'on attendait d'eux au moment de leur conception.1

Ce faible taux de retour sur investissement dans les périmètres agricoles associés aux barrages observés s'explique en partie par des études de faisabilité trop optimistes. Les rendements et/ou la valeur marchande se sont ainsi souvent révélés inférieurs aux attentes. Par ailleurs, le manque d'investissements publics en ressources humaines pour entretenir les périmètres agricoles et soutenir les exploitants familiaux qui y travaillent a aussi nui à la production. En revanche, la production d'énergie hydroélectrique semble avoir été plus rentable pour les ouvrages à buts multiples.

Wilson Ibrahim Babatundé, Directeur du Centre de Coordination des Ressources en Eau (CCRE) de la CEDEAO a déclaré : « Il y a de nettes différences entre les taux de rentabilité économique du volet hydroélectricité et du volet irrigation. Cet atelier fournira une opportunité appréciable aux experts de toute la région pour se réunir, mettre en commun leurs précieuses expériences, et discuter des outils pour évaluer l'impact économique des grands barrages. Nos lignes directrices recommandent cette approche qui promeut une bonne planification des infrastructures dans toute la région. »

L'atelier est organisé par le Centre de Coordination des Ressources en Eau de la CEDEAO avec le soutien de la Global Water Initiative (GWI) en Afrique de l'Ouest et un financement du gouvernement du Royaume-Uni (UKaid). La GWI est mise en œuvre par l'IIED et l'UICN, et financée par la Fondation Howard G. Buffett. C'est le troisième d'une série d'ateliers annuels organisés par la GWI en Afrique de l'Ouest en appui au dialogue de la CEDEAO sur les grandes infrastructures hydrauliques.