La Global Water Initiative (GWI) était un programme de recherche-action et de plaidoyer qui a pris place de 2008 à 2017. Le projet est maintenant clos. Ce site n'est plus mis à jour, mais l’ensemble de ses ressources restent accessibles jusqu'au 1er octobre 2020, date à laquelle il sera également fermé. Après cette date, des informations sur le projet et les principales publications de GWI resteront disponibles sur le site internet de l'IIED et dans sa section Publications.

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Guinée

Nos travaux en Guinée ont commencé en 2010 et portent sur l'impact qu'aura le barrage de Fomi qui devrait voir le jour à Kouroussa dans le nord-est du pays, sur les communautés locales, dont la plupart dépendent de l'agriculture. Le réservoir submergera 500 km2 et déplacera 48 000 personnes.

Nous tirons des leçons des périmètres existants irrigués par des barrages dans d'autres pays d'Afrique de l'Ouest pour voir comment des mécanismes de partage des bénéfices et une meilleure sécurité foncière pourraient être intégrés dans la planification du barrage de Fomi.

Barrage de Fomi

L'Autorité du Bassin du Niger (ABN) est constituée de représentants du gouvernement issus des neuf pays arrosés par le bassin fluvial du Niger. En novembre 2013, elle a approuvé un plan d'action prévoyant le développement durable des ressources naturelles du bassin. L'un des projets faisant partie du plan était la construction d'un barrage hydroélectrique d'une puissance de 102 mégawatts à Fomi, dont le Mali et la Guinée espéraient tous deux pouvoir tirer parti.

La construction du barrage de Fomi a deux objectifs majeurs :

  • la production d'hydroélectricité pour alimenter le réseau électrique naissant de l'Afrique de l'Ouest
  • le développement d'une agriculture irriguée à grande échelle – afin d'améliorer les moyens de subsistance des communautés locales et de contribuer à la sécurité alimentaire locale et nationale, en particulier dans l'Office du Niger au Mali.

Le besoin de respecter les droits et de fixer des normes sociales

Le barrage de Fomi déplacera environ 48 000 personnes – dans 58 villages, regroupés en six communes rurales. Il affectera également 70 000 autres personnes vivant à proximité du barrage qui auront besoin d'accueillir les communautés déplacées. Les droits fonciers et les moyens de subsistance des populations seront affectés et elles auront besoin d'être indemnisées ; la planification du développement local à venir est un autre élément clé.

Il existe un besoin, reconnu par l'ABN et par la Banque mondiale, en sa qualité de bailleur principal, d'établir des normes sociales strictes et des mécanismes de gouvernance à partir de la phase de planification, et ce avec la participation des populations locales touchées. Cette approche est perçue comme essentielle pour garantir le maintien d'un soutien financier en faveur du barrage et pour réduire les risques d'opposition locale et de conflit.

Nos travaux sur d'autres grands barrages actuellement en cours de développement dans la région, y compris le barrage de Kandadji au Niger, nous ont donné un bon aperçu et une certaine expérience que nous sommes en mesure d'apporter aux discussions actuelles portant sur la planification du barrage en Guinée. Nous estimons que des consultations poussées et des processus qui respectent les droits coutumiers des gens et rétablissent leurs moyens de subsistance (pour ceux qui sont déplacés et réinstallés) sont essentiels pour que la construction de grands barrages donnent lieu à des résultats équitables.

En Guinée, nous travaillons avec toutes les parties prenantes impliquées dans la planification du barrage de Fomi, y compris des représentants de chacune des communautés affectées, le Directorat général du projet de Fomi (DG Fomi) et la Coordination nationale des usagers du bassin du Niger (CNU-Guinée). La CNU, qui fait partie d'une Coordination régionale plus vaste des usagers du bassin du Niger, a été étroitement impliquée dans les discussions portant sur le Plan de gestion sociale et environnementale du barrage au même titre que d'autres organisations de la société civile.

Depuis 2011, la GWI en Afrique de l'Ouest travaille sur deux grandes questions ayant trait au barrage de Fomi :

Les droits fonciers

Nous avons passé en revue les lacunes de la législation foncière qui ont besoin d'être comblées pour permettre une gestion satisfaisante des mécanismes d'indemnisation foncière et d'allocations de nouvelles terres aux 48 000 personnes touchées par le barrage. Cette recherche a été examinée et commentée  par toutes les parties prenantes, y compris les communautés touchées, et elle permet désormais d’éclairer le débat sur le processus de planification du barrage de Fomi. Nous faisons pression – en même temps que les organisations de la société civile et les associations paysannes locales – pour que nos conclusions et nos propositions soient reprises dans les études formelles d'impacts environnementaux et de faisabilité financées par la Banque mondiale. Parmi ces recommandations figure la suggestion de conclure un accord formel  entre l'État et les populations touchées sur la manière de procéder au déplacement et à l'indemnisation des communautés, conformément aux dispositions de l'Annexe à la Charte de l'eau du bassin du Niger.

Le partage des bénéfices

Le principe du partage des bénéfices découlant de grosses infrastructures, y compris les barrages, est bien reconnu aux niveaux international et régional. Dans le contexte du barrage de Fomi, la principale opportunité de partage des bénéfices concerne la production d'électricité à partir du barrage hydroélectrique. Nos recherches ont étudié comment mettre en œuvre d'un point de vue pratique un tel partage des bénéfices en Guinée, y compris les mesures juridiques et fiduciaires qu'il faudrait mettre en place.