La Global Water Initiative (GWI) était un programme de recherche-action et de plaidoyer qui a pris place de 2008 à 2017. Le projet est maintenant clos. Ce site n'est plus mis à jour, mais l’ensemble de ses ressources restent accessibles jusqu'au 1er octobre 2020, date à laquelle il sera également fermé. Après cette date, des informations sur le projet et les principales publications de GWI resteront disponibles sur le site internet de l'IIED et dans sa section Publications.

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Responsabiliser les exploitants familiaux

La GWI estime que les exploitants familiaux doivent être impliqués directement dans les décisions qui sont prises concernant l'ensemble du système de production et commerce. Pour y parvenir dans les périmètres agricoles irrigués par des grands barrages, les politiques publiques et les agences gouvernementales doivent reconnaître et soutenir les différents types d'exploitants familiaux, tout en respectant les besoins collectifs de l'ensemble du périmètre.

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L'innovation des exploitants familiaux

Nombreux sont les signes qui tendent à prouver que les exploitants familiaux sont créatifs et génèrent des innovations pertinentes – de nouvelles et meilleures façons d'exploiter leurs terres – qui leur permettent de mieux s'adapter aux changements, qu'il s'agisse du climat, de l'économie, des marchés ou encore du changement social. Mais les politiques et les investissements agricoles ont besoin de créer un environnement favorable pour que ces innovations se produisent.

Dans les pays phares de la GWI en Afrique de l'Ouest, nous avons trouvé que c'est l'innovation institutionnelle qui recèle le plus grand potentiel pour les exploitants familiaux dans les zones irriguées à grande échelle. Des institutions fonctionnelles qui soutiennent les exploitants familiaux tout au long de la filière agricole constituent une condition préalable à des systèmes agricoles économiquement viables, respectueux de l'environnement et socialement équitables.

Reconnaître les différents besoins des exploitants familiaux

Les exploitants familiaux sont loin de constituer un groupe homogène et ils diffèrent dans leurs priorités, leurs stratégies et leurs ressources. Il n'existe pas d'approche « universelle » de l'agriculture familiale comme l'ont montré nos recherches sur les différents types de riziculteurs dans les zones irriguées  du Burkina Faso, du Mali et du Sénégal. La plupart des agriculteurs poursuivent un éventail de stratégies de subsistance différentes, la riziculture n'étant que l'une d'entre elles.

Néanmoins, les gouvernements d'Afrique de l'Ouest continuent de donner la priorité aux investissements dans l'agrobusiness et l'agriculture dite « spécialisée » – telle que la monoculture de riz – plutôt que les investissements dans l'agriculture à petite echelle par les exploitations familiales.

La GWI en Afrique de l'Ouest s'efforce d'identifier les contraintes et les opportunités associées à la petite agriculture. Nos travaux cherchent à aider les agriculteurs à concevoir collectivement, avec les organismes des pouvoirs publics et le secteur privé, des processus qui apportent des améliorations au système rizicole.

Un conseil agricole approprié et adaptatif

Des services de conseil agricole fonctionnels constituent un élément essentiel du système. Non seulement ils prodiguent des conseils sur des questions de production agricole mais ils orientent aussi les agriculteurs en matière d'accès aux intrants, de transformation et de commercialisation. Ils sont essentiels pour accroître la productivité des riziculteurs et les revenus des exploitants familiaux. Actuellement, les riziculteurs d'Afrique de l'Ouest se heurtent à un manque de services de conseil agricole fonctionnels et adaptatifs.

La GWI en Afrique de l'Ouest s'efforce de détourner le conseil agricole de son approche directive classique en faveur d'un système où les agriculteurs peuvent définir le type de conseils personnalisés et de services agricoles dont ils ont besoin.

Nous travaillons avec des parties prenantes locales au Burkina Faso, au Mali et au Sénégal pour :

  • Faciliter le développement, la validation et la mise en œuvre des plans d'action locaux afin d'améliorer les services de conseil agricole et les relations entre les organisations paysannes et les organismes de gestion des barrages.
  • Plaider aux niveaux national et régional en faveur d'investissements et de politiques qui soutiennent le développement de services de conseil agricole responsables et performants, fondés sur les besoins des exploitants familiaux.
  • Explorer de nouvelles données quantitatives sur les différents types de production rizicole et les principaux facteurs de discrimination qui affectent la productivité et la rentabilité.

Sécuriser le régime foncier : un élément essentiel de la productivité des exploitants familiaux

Dans l'ensemble de l'Afrique de l'Ouest, les exploitants familiaux au sein des grands périmètres publics d'irrigation souffrent d'un régime foncier précaire. La location ou la vente de parcelles sont interdites, il est difficile d’accéder au crédit avec les faibles mesures de sécurité foncière en place, et les parcelles ne sont pas nécessairement transmises par héritage.

Les exploitants familiaux, estimant que les terres ne leur appartiennent pas, sont moins enclins à investir en vue d'accroître leur production. Par ailleurs, ceux qui souhaiteraient agrandir la surface de leur exploitation sont souvent incapables de le faire car ils ne peuvent pas obtenir davantage de terres ou parce qu'ils n'ont pas de garantie foncière qui leur permettrait d'obtenir les crédits nécessaires à l’achat de nouveaux intrants.

Une complication supplémentaire réside dans le fait que – malgré de gros investissements réalisés dans des projets hydro-agricoles – il est fréquent que les terres ne soient pas légalement immatriculées au nom de l'État et, par conséquent, tout contrat foncier avec les agriculteurs n'aurait aucune validité.

La GWI en Afrique de l'Ouest travaille avec les communautés, les associations de producteurs, les autorités de barrage et les représentants des pouvoirs publics, comme par exemple au Niger pour tenter de formaliser un régime foncier qui sécurise les populations dans la zone du barrage de Kandadji. Pour en savoir plus, voir Niger.

Nous travaillons également au niveau régional en participant à plusieurs groupes de travail thématiques de la Task Force pilotée par le Comité permanent inter-États de lutte contre la Sécheresse dans le Sahel (CILSS) pour mettre en œuvre les recommandations formulées dans la Déclaration de Dakar sur l'irrigation dans le Sahel.